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Rapport 2020 sur la situation des journalistes dans le monde

En 2020, près de 400 journalistes en détention dans le monde
Le rapport de Reporters sans Frontières révèle une hausse des arrestations arbitraires en lien avec la crise sanitaire et que les femmes journalistes ne sont « pas épargnées ».
Le Monde avec AFP
Publié aujourd’hui à 06h37


« Le nombre de journalistes détenus à travers le monde reste à un niveau historiquement haut », souligne Reporters sans Frontières (RSF). Il s’élève à 387 fin 2020, un chiffre quasi stable sur un an, selon le bilan annuel de RSF publié lundi 14 décembre.
Comme en 2019, où RSF avait recensé 389 journalistes emprisonnés pour avoir exercé leur métier, cinq pays concentrent plus de la moitié d’entre eux (61 %), rapporte l’ONG dans son rapport. La Chine reste ainsi en tête avec 117 journalistes (professionnels ou non) détenus, devant l’Egypte (30), l’Arabie saoudite (34), le Vietnam (28) et la Syrie (27).
Et les femmes, « de plus en plus nombreuses dans la profession, ne sont pas épargnées », dénonce le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, cité dans un communiqué. D’après le rapport, 42 d’entre elles « sont actuellement privées de liberté », contre 31 en 2019 (+35 %).
Au total, 17 ont « été jetées derrière les barreaux » au cours de l’année, dont quatre en Biélorussie, centre d’« une répression sans précédent depuis » la réélection jugée frauduleuse d’Alexandre Loukachenko, aux commandes de cette ex-république soviétique depuis 1994.

Multiplication des interpellations et arrestations arbitraires
Autre évolution notable : l’augmentation des arrestations liées la crise sanitaire, avec quatorze journalistes « toujours sous les verrous » pour leur suivi de la pandémie, dont sept en Chine. L’ONG, qui a lancé en mars l’Observatoire 19, dédié à la question, a enregistré « plus de 300 incidents directement liés à la couverture journalistique de la crise sanitaire » entre février et fin novembre, impliquant près de 450 journalistes.
« Les interpellations et arrestations arbitraires », qui représentent « 35 % des exactions recensées [devant les violences physiques ou morales] », ont été « multipliées par 4 » entre mars et mai, précise le rapport. « Les lois d’exception ou les mesures d’urgence adoptées » dans la plupart des pays pour contenir la pandémie « ont contribué » à « confiner l’information », explique RSF.
Par ailleurs, « au moins 54 journalistes sont actuellement détenus en otages » en Syrie, au Yémen, et en Irak, leur nombre ayant baissé de 5 % en un an.
L’ONG recense, en outre, quatre journalistes portés disparus en 2020, alors qu’aucun nouveau cas de disparition n’avait été enregistré en 2019. Ils sont originaires du Moyen-Orient, d’Afrique subsaharienne et d’Amérique latine.

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